Le blog de la section socialiste d'Hautmont et de son canton.
Je n'aurai pas la même lecture que Patrice Vergriete (secrétaire fédéral au développement économique) de notre contribution fédérale.
J'ai personnellement défendu aux trois derniers congrès de notre parti une motion qui a toujours dénoncé l'emprise de l'économique sur notre imaginaire collectif générant des comportements néfastes à notre environnement et à notre démocratie.
Vous comprendrez, chers camarades, que je me réjouisse qu'un texte national du PS préparant un projet de gouvernement, prenne à son compte de manière explicite cette dénonciation de l'emprise économique.
Je cite:
- Nous avons une nouvelle civilisation à inventer . Elle passe par le retour du politique (sous entendu un retour à l'ordre de choses où les choix économiques seraient subordonnés aux choix politiques)
- Le bien être plutôt que le tout avoir
- A l'heure de l'hyperconsommation et du tout jetable le marketing à outrance fait naître à chaque instant des besoins nouveaux et des désirs factices, le consommateur s'y trouve frustré des désirs inassouvis .
- Les indicateurs que nous utilisons aujourd'hui à toutes les échelles, le PIB, les cours boursiers, sont au mieux incomplets, au pire pervers et contre productifs...
Globalement, de mon point de vue, ce texte préfigure, si on va au bout du chemin, (c'est à dire si l'on est prêts à assumer ce que ces propos auront comme conséquences sur nos propositions) une rupture avec notre conception du développement.
Nous nous orientons vers l'idée que le développement économique doit être subordonné au développement humain. Dit autrement on peut concevoir qu'à l'avenir une commission économique qui fonctionnait jusqu'ici indépendamment des autres sphères soit remplacée par celle plus global sur le développement humain, au sein de laquelle, évidemment, on pourrait justifier la nécessité de réfléchir au développement économique s'il s'avérait nécessaire à l'épanouissement individuel et collectif. Cette instance globalisante nous permettrait de constater qu'aujourd'hui ce n'est pas de développement économique dont nous avons besoin (d'autant qu'il est difficilement compatible avec les contraintes écologiques et qu'un expansion infinie de la sphère économique menace à terme notre démocratie) mais de redistribution des richesses produites.
Autant on est en droit de percevoir cette prise de conscience dans le texte national autant contrairement à ce que disait Patrice , je ne la perçois pas dans notre contribution fédérale.
Je me suis personnellement senti interpellé par les propos de Rémi Pauvros (Maire de Maubeuge ici présent) au sortir de notre dernier congrès, lorsqu'après les résultas du vote des militants il m'a dit: « Maintenant il faut qu'Utopia vous y alliez ! » Sous entendu « Vous ne pouvez pas rester uniquement dans le rêve et la théorie. Il vous faut vous confronter à la réalité et aux responsabilités ».
Message reçu !
Depuis je suis secrétaire de section , d'autres camarades sont tout autant (ou plus) investis à Dechy, Tourcoing, Douai, Maubeuge... et nous avons suivi le travail de la commission fédérale sur le développement économique de manière assidue.
Nous avons pris part à la réflexion et Patrice m'a même permis d'exposer durant plus d'une heure ma contribution; j'en profite pour le remercier de nous avoir offert cette possibilité de débat.
Cela étant je dois vous faire part de ma surprise de constater à quel point notre PS fédéral est au final bien moins audacieux que le PS national.
Cette réalité doit nous interpeller. Elle révèle que notre capacité à assimiler des idées nouvelles ici dans le Nord est quelques peu atrophiée.
Je suis conscient que dans une région historiquement industrielle il est plus difficile de s'approprier des discours qui remettent en cause l'hyper-consommation et en filigrane le productivisme. Mais nous ne pouvons pas nous cacher éternellement derrière cette réalité. Au contraire plus la réalité nous est défavorable plus l'audace est nécessaire. J'aspire à ce que notre fédération occupe une place avant gardiste dans notre parti et vous assure de ma confiance dans sa capacité de mutation !
Je vous remercie !